Le Général James KABAREBE incite et  encourage les jeunes Tutsi à la haine, à la discrimination et à l’hostilité contre les Hutus

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Dans un discours prononcé le 23/11/2019,  le Général James KABAREBE, ancien Ministre de la défense et actuellement  conseiller de Paul KAGAME pour des questions de sécurité et de défense appelle clairement et publiquement au génocide contre les hutus, à l’ethnisme, au divisionnisme et à la haine ethnique. C’était devant  un auditoire composé exclusivement d’étudiants Tutsi membres de l’AERG (Association des Etudiants et Elèves Rescapés du Génocide. Le général James Kabarebe considère la jeunesse hutu globalement comme potentiellement génocidaire.  Les lois rwandaises et internationales répriment pourtant les discours de haine.

« Bonjour tout le monde !

Merci à vous dirigeants pour avoir mis en place cette causerie, afin de savoir ce qui peut développer notre pays ; une bonne idée est meilleure que toute autre chose car lorsqu’il y a de bonnes idées dans un groupe, tout se fait à partir de là. Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que vous prenez une si belle initiative, chaque fois vous avez privilégié la concertation.

S’agissant du thème du jour, je ne m’attarderai pas sur ce que fut notre lutte pour la libération du pays et les valeurs qui furent les nôtres au cours de cette lutte. Nous avons abordés suffisamment ces questions.

” puisque celui qui voulait vous tuer est toujours déterminé à vous tuer” James Kabarebe

Je m’étendrai surtout sur les problèmes auxquels nous faisons désormais face et sur la meilleure approche pour les affronter. Muneza vient de dire que nous avons vaillamment fait face aux conséquences du génocide au lendemain de 1994. Parfois, nous pouvons penser que nous en avons fini avec les conséquences du génocide, ceci est une grosse erreur ; nous avons plutôt en face de nous d’autres génocides qui risquent de se produire, nous faisons face à l’idéologie du génocide et aux génocides à venir.

Voilà ce que fut le combat de l’Armée Patriotique Rwandaise dont les valeurs consistent surtout à rester vigilant, toujours prêt au combat, toujours prêt à  jouer un rôle dans l’avenir ; car si on n’est pas permanemment prêt on ne jouera aucun rôle, si on s’est adonné à l’alcool et aux drogues on ne servira plus à rien du tout. Je dirais même  que nous n’avons pas le temps d’être traumatisé puisque se laisser envahir par le traumatisme équivaut à la reddition, puisque celui qui voulait vous tuer est toujours déterminé à vous tuer ; si vous vous laissez envahir par le traumatisme, alors vous l’aurez aidé dans ses projets. Le traumatisme est psychologique ; si on se laisse envahir par le traumatisme on sera tué par celui-là même qui voulait vous tuer puisqu’il est toujours là. Le traumatisme exige encore davantage de forces pour le vaincre.

Après 1994, vous savez que tous nos ennemis ont fui vers le Congo-Zaïre, le Burundi, la Tanzanie, les autres sont allés dans différents pays d’Afrique, d’autres sont allés en Europe et aux Etats-Unis, ceux qui avaient eu des moyens.

1994, Goma, Zaire — A young Rwandan boy cries and clings to his dead father, who died moments before of cholera. The two had fled the Hutu-Tutsi violence in Rwanda and come to Zaire for safety. — Image by © David Turnley/CORBIS

Au cours de cette phase de l’exode, nos ennemis ont été secoués par le traumatisme, pas dans la même mesure que ceux qui ont subi le génocide, mais ils ont été traumatisés par le fait de perdre le pouvoir, de perdre le pays et l’accès à toutes bonnes choses. Auparavant, ils avaient le pouvoir et ils se sont vus obligés d’aller demander l’asile : un réfugié en est toujours un réfugié que ce soit en Europe ou dans les forêts congolaises, c’est pareil. Il y a donc eu cette phase du traumatisme, phase qui nous permis de nous organiser, de nous reconstruire et reconstruire le pays. Leur phase de traumatisme a eu lieu et ils sont partis. Mais cette phase de traumatisme semble prendre fin maintenant. Car lorsqu’ils arrivent ici ou là et parviennent à s’établir que ce soit dans les camps de réfugiés au Malawi, en Zambie, au Mozambique, au Lesotho, au Zimbabwe et en Afrique du Sud, en Europe ou même dans les forêts congolaises, ils s’établissement et reprennent le souffle pour s’organiser et  recommencer leur vie afin d’organisent leur lutte.

Lorsque nous avons commencé à nous organiser pour entreprendre la lutte, lorsque nous avons notamment embrassé la carrière militaire en Ouganda, c’était la première génération qui arrivait après 1959 ; les autres générations c’était juste dans la survie. Entre 1958 et 1975 les gens n’existaient pas véritablement, ce qui les préoccupait était la survie : ils perdaient des enfants, les adultes passaient leur temps dans les enterrements ; la stabilité est arrivée dans les années 70 lorsque nous avons embrassé la carrière militaire en Ouganda. Nous étions la première génération qui devait faire revivre notre communauté, c’est comme vous-même après le génocide. Il n’y avait personne qui pouvait lever le petit doigt pour parler, mais maintenant vous êtes à même d’organiser un rassemblement comme celui-ci pour échanger des idées et planifier l’avenir, vous êtes là.

C’est donc une autre génération qui est désormais là. Eux aussi, après leur fuite au Congo, dans différents autres pays d’Afrique, en Europe et ailleurs, ils ont passé beaucoup de temps dans la désorganisation. Mais maintenant, ils sont dans la sérénité, il y a d’autres générations qui ont émergé comme vous-mêmes avez émergé. Eux aussi sont aujourd’hui dans la position de dire « maintenant nous venons d’atteindre un bon niveau d’organisation et de stabilité, c’est nous qui avons en mains l’économie au Mozambique, en Zambie, au Malawi et ailleurs ; dans les écoles aussi nous réussissons brillamment etc. J’ai vu récemment un journal du Lesotho où on publiait les résultats des examens officiels cette année-là et le palmarès des réussites : les tout premiers étaient  du nom de Nshimiyimana, Twagirimana, Twagirumukiza etc jusqu’au-delà du 20èmes ce sont les enfants de nos ennemis qui viennent en tête.

J’ai alors compris tout de suite. Quand nous-mêmes étions en Ouganda, et que j’étais à la fin de l’école primaire peu avant mon entrée à l’école secondaire, lorsqu’on proclamait les résultats, les 100 premiers étaient tous Rwandais. Ceux-là aussi aujourd’hui, après 20 ans de désorganisation, c’est eux qui viennent en tête dans tous les concours. Cela ne devrait pas être un problème si c’était des enfants qui réfléchissent normalement. Le problème est que leur réflexion  est celle de leurs parents, réflexion visant à détruire le pays. Vous comprenez alors qu’il va y avoir deux générations opposées : il y a d’une part vous, rescapés du génocide qui avez le pays, et d’autre part ces autres qui viennent de se stabiliser et qui se disent « nous avons aujourd’hui toute la puissance économique ». Par exemple aujourd’hui, c’est eux qui contrôlent l’économie au Malawi, le commerce et l’agriculture, et au Mozambique c’est eux qui contrôlent l’économie, le commerce et l’agriculture ; dans toute l’Afrique australe, c’est eux qui contrôlent l’économie. Et partout ailleurs, même en Europe, ils sont parvenus à intégrer les mouvements de jeunes,même si notre pays arrive à mobiliser et les noyauter, ce qui permet de créer parmi eux des divisions. Mais retenez qu’il y a une autre génération qui va vous affronter sur la question de l’idéologie génocidaire, eux déterminés à poursuivre cette idéologie et vous déterminés à l’éradiquer.

“Vous comprenez alors qu’il va y avoir deux générations opposées : il y a d’une part vous, rescapés du génocide qui avez le pays, et d’autre part ces autres” James Kabarebe.

Pour en finir avec cette confrontation entre les deux générations ce sera très difficile : depuis que l’idéologie du génocide a été conçue et mise en œuvre au Rwanda, l’éradiquer sera une mission très difficile. Après 1994, les gens se sont éparpillés, et par la suite ont essayé d’attaquer le pays, cette succession d’événements présente une certaine similitude voire une certaine continuité. La façon dont ils se sont organisés en 1996 pour attaquer le Rwanda par le Nord à partir du Congo ressemble à la façon dont en 1960, 1961 et 1962 les Inyenzi se sont organisés et ont attaqué le Rwanda pour essuyer un échec et repartir. Les autres aussi après 1995, 1996, 1997 même s’ils étaient très nombreux, ont été vaincus et ont dû repartir hors du pays. Le Rwanda s’est alors reconstruit très rapidement, tout ce que vous voyez ici a été reconstruit après leur défaite et leur retour en exil. Mais si vous pensez qu’ils ont abandonné l’option de guerre, détrompez-vous.

Ils sont repartis parce qu’ils étaient vaincus. Alors tout ce temps qui vient de s’écouler, ils s’organisaient ; ils ont aujourd’hui du sang neuf, une nouvelle façon de penser, l’actuelle technologie d’information dont vous disposez ils l’ont aussi, vous vous affronter sur le même terrain, et d’ailleurs il y en a qui sont ici parmi nous mais qui sont très extrémistes : tel va en prison et en ressort le matin et lorsqu’il en ressort il revient plus endurci que jamais de sorte que même si vous l’y retournez il ne change pas car il a ses propres souhaits. Mais nous, nous avons le pays. Parfois ils se trompent et se disent « vous avez eu besoin de 30 ans, nous même il nous maque 1 année pour accomplir 30 ans, mais ils oublient que cela n’est une formule unique. Car nous les 30 ans nous ne les avons pas passé à concevoir une idéologie du génocide comme eux, nous, nous avons passé les 30 ans  à construire le pays.

Pour contrecarrer l’idéologie du génocide, cela exige de vous une nouvelle compréhension, une nouvelle conscience. Et lorsque je dis que cela demande une nouvelle compréhension, ça ne signifie pas que seuls sont concernés les rescapés du génocide : vous les rescapés du génocide et nous qui avons arrêté le génocide, nous sommes tous dans la même catégorie. Nous sommes tous mêmement vulnérables.

C’est pourquoi on voit qu’aujourd’hui, et de tous temps d’ailleurs, le combat de la reconstruction du pays a toujours été une affaire des  Rwandese Defence Forces. Tout le monde donne et se donne. Il y a donner et se donner soi-même : se donner, ce n’est pas par soumission, par peur, par lâcheté ou par idiotie non. On ne manque même pas de militaires pour imposer ce qu’on veut, mais on préfère associer tout le monde, être magnanime. Vous avez la responsabilité de donner et non pas celui-là qui n’a rien à donner ? Vous avez de quoi donner, vous avez pardonné mais cela ne suffit pas : si celui-ci parvient à quitter chez eux et venir jusqu’ici, toi tu dois pouvoir quitter ici et aller au loin là-bas et sans te plaindre, et si tu parviens à intéresser, rassurer et impliquer celui-là, ce sera merveilleux. Notre intérêt est que tout le pays avance ensemble, comme un seul homme. Mais celui qui va jouer un rôle dans ce travail de rassemblement, c’est vous et pas celui-là qui veut détruire. Parce que celui qui a connu des malheurs est meilleur que celui qui a été gâté, car celui-ci ne connaît rien ».

 



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